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Meibographie: une technique simple pour évaluer le nombre et l’état des Glandes de Meibomius

Importance des Glandes de Meibomius

Les Glandes de Meibomius

La lamelle postérieure de la paupière accueille un grand nombre de glandes de Meibomius, situées entre la conjonctive palpébrale et le tarse. Une glande de Meibomius normale est approximativement de forme linéaire et mesure 3-4 mm de long, traversant la paupière postérieure perpendiculairement du bord libre au bord opposé du tarse.1 L’unité fonctionnelle d’une glande de Meibomius est le meibocyte qui synthétise et sécrète les lipides (meibum) du film lacrymal.

Le meibum remplit plusieurs fonctions importantes. Il empêche l’évaporation des larmes et donc la dessiccation de la surface oculaire; il agit comme une barrière physique et hydrophobe au mouvement entrant d’agents environnementaux et organiques et il lubrifie la surface oculaire pour prévenir les irritations tout en favorisant l’acuité visuelle.

Par conséquent, la physiologie des larmes dépend en grande partie du bon fonctionnement des glandes de Meibomius.3–5

Glandes de Meibomius et Dry Eye Disease

Le dysfonctionnement des glandes de Meibomius  – Meibomian Gland Disease (MGD)  – est une cause majeure de la maladie de l’œil sec par évaporation et est l’une des maladies les plus courantes rencontrées dans la clinique journalière.6-8 L’impact de la MGD sur les patients peut être grave, avec un effet négatif sur leur qualité de vie pouvant entraîner une perte de productivité.1,9

La MGD obstructive est le type de MGD la plus couramment observée et est associée avec des modifications telles que l’hypertrophie de l’épithélium des conduits et la kératinisation de l’épithélium de l’orifice.6

Ceci peut entraîner une stagnation du meibum et conduire à l’activation de l’inflammation.10-12 Cela peut à son tour conduire à une augmentation de la température de fusion au fur et à mesure que le meibum devient plus visqueux.

Bien que le rôle causal des bactéries dans la MGD n’a pas été établie de manière concluante pour toutes les formes de MGD, il existe cependant des preuves de l‘importance des bactéries (par ex. S.Aureus et P. Acnes).10 La MGD peut entraîner une diminution de la couche lipidique du film lacrymal conduisant à une augmentation de son osmolarité (hyperosmolarité) et à une l’inflammation, combinaison susceptible d’induire une activité enzymatique induisant à une kératinisation des conduits des glandes de Meibomius.

La MGD peut être asymptomatique ou symptomatique, bien que lors de sa progression, la MGD asymptomatique peut évoluer en MGD symptomatique.5

La MGD peut se développer seule ou en association avec une autre maladie de la surface oculaire (OSD) ou peut survenir à la suite d’autres troubles oculaires, y compris la rosacée.5 D’autres facteurs peuvent également influencer la MGD, ceux-ci incluent l’âge, le sexe, le déséquilibre hormonal (par ex. carence en androgènes, ménopause), port de lentilles de contact, médicaments, anatomie des paupières, chirurgie des paupières, tatouage des paupières, traumatisme ou radiation oculaire, faiblesse orbiculaire, conjonctivite allergique, trachome, syndrome de Sjögren, Syndrome de Stevens Johnson, dermatite atopique ou séborrhéique, acné, rosacée, blépharite chronique et maladie du greffon contre l’hôte.15

Quelles sont les options de traitement?
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Traitement

Le traitement au stade précoce de la MGD asymptomatique peut retarder la progression vers le stade symptomatique et inverser les événements pathologiques de la MGD. La MGD symptomatique peut être détectée par ses principaux signes cliniques5, parmi lesquels la diminution des glandes de Meibomius, mesuré par:

Recommandations pour la gestion de MGD16

La gestion optimale de la MGD est importante car le défi clinique de la MGD dépasse celle de la seule surface oculaire. Par exemple, la MGD est impliquée lors de résultats défavorables après diverses interventions chirurgicales.17La blépharite active peut augmenter la présence de bactéries sur la surface oculaire et présente un risque pour le développement de l’endophtalmie postopératoire.18 De plus, la MGD peut provoquer des maladies cornéennes graves si la progression vers l’atrophie permanente des glandes se produit.19

L’objectif principal de tous les traitements contre la MGD est d’augmenter la quantité et qualité de l’expression meibomienne et ainsi améliorer les symptômes du patient, le traitement précoce étant particulièrement important.Les algorithmes de traitement existants pour la MGD recommandent des thérapies en fonction de la gravité de la maladie:

L’ Interférométrie

L’interférométrie peut être utilisée pour analyser visuellement la couche lipidique du film lacrymal.21,22 Au départ développé pour mesurer le TBUT, l’appareil projette une source de lumière blanche fluorescente sur la couche lipidique du film lacrymal (TFLL), qui peut ensuite être obtenu en utilisant les images d’interférence.23,24La comparaison des images permet une analyse basée sur l’uniformité et la couleur du film lipidique. Son utilisation pour l’évaluation du film lipidique s’est révélé objective, avec de bonnes corrélations inter-observateur.23,24

La Meibographie15

La meibographie visualise directement la morphologie des glandes de Meibomius in vivo. Il y a plusieurs avantages:

De nombreuses études ont vérifié l’utilité de la meibographie dans le diagnostic et l’évaluation de la MGD.

Dans la pratique courante, il permet d’illustrer le déficit en glandes auprès des patients et ainsi leur expliquer l’état d’avancement de leur pathologie. Pour les patients asymptomatiques, cela permet de leur expliquer pourquoi on les traite et cela augmente leur compliance au traitement.25

Références:

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  3. Nichols KK, Foulks GN, Bron AJ,Glasgow BJ, Dogru M, Tsubota K, et al. The international workshop on meibomiangland dysfunction: executive summary. Invest Ophthalmol Vis Sci 2011;52:1922-1929.
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  5. Tomlinson A, Bron AJ, Korb DR, AmanoS, Paugh JR, Pearce EI, et al. The international workshop on meibomian glanddysfunction: report of the diagnosis subcommittee. Invest Ophthalmol Vis Sci2011; 52:2006-2049.
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  7. Bron AJ, Tiffany JM. Thecontribution of meibomian disease to dry eye. Ocul Surf 2004; 2:149-165.
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