Hygiène régulière

L’hygiène des paupières reste le pilier du traitement et est efficace dans la plupart des cas de blépharite.

Des compresses chaudes et humides sont appliquées sur les yeux pendant 5 à 10 minutes pour ramollir les débris de paupière, l’huile, mais aussi pour dilater les glandes de meibomius. Immédiatement après, les bords des paupières doivent être lavés délicatement avec un coton-tige imbibé de shampoing pour bébé dilué afin d’enlever les dépôts et les débris.

Blépharite postérieure

Les personnes atteintes de blépharite postérieure tireront un bénéfice d’un léger massage des bords de la paupière pour faciliter l’excrétion des glandes de meibomius. Un écouvillon ou un doigt est utilisé pour masser les bords des paupières en petits motifs circulaires. Lors d’exacerbations symptomatiques de la blépharite, l’hygiène palpébrale doit être effectuée deux à quatre fois par jour.

Blépharite chronique

Chez les patients atteints de blépharite chronique, un régime d’hygiène des paupières doit être maintenu quotidiennement pendant toute la vie, sinon les symptômes irritants réapparaîtront. De plus, le maquillage des yeux doit être limité et tous les éléments déclencheurs devront être supprimés.9,10,11

Et s’il y a autre chose ?

Toutefois, cette hygiène régulière du bord palpébral ne suffit pas toujours et récemment, une autre hypothèse a été formulée concernant les blépharites chroniques.12

En effet, si l’on examine de plus près le bord des paupières en termes de formation de biofilm, ce phénomène bactérien naturel peut servir de passerelle entre deux maladies mal comprises, à savoir la sécheresse oculaire et la blépharite. Ce qui devient évident, c’est que la sécheresse oculaire et la blépharite deviennent une entité, c’est-à-dire le syndrome de blépharite des yeux secs (Dry Eye Blepharitis Syndrome, ou DEBS), reflétant en fait un processus pathologique et non deux différents. Ce que l’on peut maintenant comprendre, c’est que DEBS se présente à différents moments de la vie.

La première étape pour comprendre le terme DEBS consiste à comprendre et à utiliser correctement le terme blépharite. Il devrait être utilisé pour décrire l’inflammation de la paupière.

La deuxième étape consiste à réaliser que les bactéries de la flore du bord de la paupière normale, principalement Staphylococcus aureus et Staphylococcal epidermidis, deviennent excédentaires et subissent un changement dans leur pathogénicité au cours de la vie du patient. Thygeson a reconnu en 1946 qu’une “colonisation anormale de Staphylococcus” était associée à blépharite. La question est alors de savoir comment passer d’une colonisation normale à une colonisation excessive de Staphylococcus avec inflammation et pathologie importante avec l’âge.

La réponse réside dans la formation d’un biofilm, la plus fondamentale des stratégies de survie bactérienne. Ceci ce produit étape par étape, de la survie bactérienne aux six étapes de la maladie du bord palpébral aboutissant aux quatre étapes de la DEBS, qui relieront maladie des yeux, blépharite et dysfonctionnement de la glande de meibomius (MGD).

Ces 6 étapes dans la maladie des bords palpébraux sont liées à des modifications bactériennes aboutissant à une inflammation :

  1. Survie bactérienne
  2. Formation de biofilm
  3. Colonisation excessive
  4. Activation du gène détectant le quorum
  5. Production de facteur de virulence
  6. Inflammation.

Dans ce cas, une élimination de ce biofilm est nécessaire pour l’enlever ou ralentir sa progression.

Références :

  1. Huggins AB, Carrasco JR, Eagle RC. MEN 2B masquerading as chronic blepharitis and euryblepharon. Orbit. 2019 Jan 27;1-5. [PubMed: 30688132]
  2. Rodriguez-Garcia A, Loya-Garcia D, Hernandez-Quintela E, Navas A. Risk factors for ocular surface damage in Mexican patients with dry eye disease: a population-based study. Clin Ophthalmol. 2019; 13:53-62. [PMC free article: PMC6306075] [PubMed: 30613133]
  3. Choi FD, Juhasz MLW, Atanaskova Mesinkovska N. Topical ketoconazole: a systematic review of current dermatological applications and future developments. J Dermatolog Treat. 2019 Jan 22;1-12. [PubMed: 30668185]
  4. Ozkan J, Willcox MD. The Ocular Microbiome: Molecular Characterisation of a Unique and Low Microbial Environment. Curr. Eye Res. 2019 Jan 14;1-10. [PubMed: 30640553]
  5. Khoo P, Ooi KG, Watson S. Effectiveness of pharmaceutical interventions for Meibomian gland dysfunction: An evidence-based review of clinical trials. Clin. Experiment. Ophthalmol. 2018 Dec 18; [PubMed: 30561146]
  6. R S, L T. Healthcare delivery in meibomian gland dysfunction and blepharitis. Ocul Surf. 2018 Nov 17; [PubMed: 30458245]
  7. Fromstein SR, Harthan JS, Patel J, Opitz DL. Demodex blepharitis: clinical perspectives. Clin Optom (Auckl). 2018; 10:57-63. [PMC free article: PMC6118860] [PubMed: 30214343]
  8. Eberhardt M., Rammohan G. Blepharitis – StatPearls – VCNI Bookshelf 2019: 1-4 (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK459305/)
  9. Pflugfelder SC, Karpecki PM, Perez VL. Treatment of blepharitis: recent clinical trials. Ocul Surf. 2014 Oct;12(4):273-84. [PubMed: 25284773]
  10. Kanda Y, Kayama T, Okamoto S, Hashimoto M, Ishida C, Yanai T, Fukumoto M,
  11. Kunihiro E. Post-marketing surveillance of levofloxacin 0.5% ophthalmic solution for external ocular infections. Drugs R D. 2012 Dec 01 ;12(4):177-85. [PMC free article: PMC3586049] [PubMed: 23075336]
  12. Davey C, Hurwitz B. Red or uncomfortable eye. Occas Pap R Coll Gen Pract. 1992 Dec;(58):56-61. [PMC free article: PMC2560226] [PubMed: 1345157]
  13. Rynerson J., Perry H. DEBS- a unification theory for dry eye and blepharitis. Clin. Ophthalmology 2016;10: 2455-2467.

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